Hommage à Francine Toulemonde   /   Histoire sans fin ?
 
 
 
La sculpture "Histoire sans fin ?" - 11 personnages en bronze.

La tension dramatique présente dans le mouvement d'ensemble est renforcée par les attitudes extrêmes de chaque personnage. Cette sculpture a été inspirée par une fresque d'Abou-Simbel qui montre des prisonniers nubiens fiers malgré leurs liens.

Cette sculpture a été créée en 1998 à l'occasion de la commémoration des 150 ans de l'abolition de l'esclavage.
Dans l'esprit de Francine, elle nous rappelle que l'abolition n'est pas universelle et nous alerte sur la nécessité de combattre toutes les formes d'esclavage encore présentes dans notre monde. D'où son titre : "Histoire sans fin ?" avec le point d'interrogation.

Voici comment Francine décrivait son travail :

"Mes œuvres, je les réalise par pulsions, par associations d'idées. Je ne suis pas une intellectuelle de la sculpture, je suis une « instinctuelle ». Le corps humain m'inspire, essentiellement. J'aime traduire ses attitudes, les sentiments qu'il exprime à travers elles, et que je tente de rendre par l'expression du visage et du corps et surtout par le mouvement. Aussi, modeler d'après nature m'est un exercice nécessaire, mais non suffisant. Ce que je désire : capter et transmettre, est de l'ordre du réalisme, certes, mais il s'agit du réalisme du sentiment.

Dans la série des «Esclaves », par exemple, j'ai cherché à imaginer ce que pouvait ressentir un homme enchaîné et contraint : révolte, soumission, panique, souffrance, solidarité. Ce qui m'intéresse, c'est rendre l'intensité d'un mouvement par le muscle. Mes sculptures ne sont donc pas lissées car le rendu que j'espère serait moindre. D'autre part, étant donné que je goûte peu les postures statiques, mes œuvres ont cette forme de déséquilibre qui est mouvement. Car le mouvement en sculpture est une idée que prolonge le regard... La liberté que m'offre la cire au moment du modelage trouve son écho dans celle que le bronze accorde : si ces techniques sont assez longues à mettre en œuvre, elles autorisent une grande souplesse d'exécution et de belles possibilités créatives."

Cette œuvre a obtenu le grand prix du salon de sculpture contemporaine de Landivisiau, le Burin d'Or à la biennale de sculpture de Ouistreham et la médaille d'argent du salon des artistes français.